Les Poèmes du Moulin
 
 La Vitrine du Moulin
III
 
Dessin de Mireille KUTA
 
 
 
 
 
Ce fut un jour sans faille.
Il y eut tout d'abord l'enchantement
d'un temps prolongé au profond
des rosiers d'un très vieux presbytère,
puis une rêverie
dans un bleu confortable,
le cheval emballé de tilleuls en fleurs
une peupleraie
au seuil de l'envol,
enfin avant la nuit
au hasard d'une halte
la complicité d'une table d'auberge
se défaisant lentement de la chaleur
de paumes inconnues,
alors qu'à deux pas
un enfant riait
miraculeusement
 
 
Georges BONNET
 
 Le pacifiste
 
Pour que la paix revienne sur terre
il voulut faire taire les canons
et, comme on dompterait les lions,
il mit sa tête dans leurs gueules.
Ainsi enfin comprendrait-on
qu'un canon doit la fermer, sa gueule.
 
Le canon docilement la ferma
mais prit cette boule pour projectile
et à son lancement s'employa
pour anéantir une ville.
 
Les sauveteurs s'interrogent encore,
lorsqu'ils comptèrent les victimes,
sur ce "chef qui n'avait pas de corps
trouvé au beau milieu des ruines.
 
 
Jean L'ANSELME
D'autres poèmes publiés dans les numéros antérieurs de La Revue du Moulin de Poésie :
 
 
 
 



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